Choisir le bon papier pour les procédés de tirages alternatifs
- studiophaino
- 22 sept. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 25 janv.
Cyanotype, Van dyke, Kallitype, Papier Salé, Platine-Palladium etc... Tous les procédés photochimiques nécessitent des papiers de qualité pour obtenir les meilleurs résultats possibles. Comment choisir le meilleur papier? Quelles sont les caractéristiques à éviter?

Le problèmes des additifs
Le choix du papier est une étape importante pour tous les procédés de tirage. Sa texture, sa composition, sa résistance à l’eau influencent directement le rendu final. Si les effets de texture, l'épaisseur etc sont des choix subjectifs, quelques éléments matériels et chimiques sont à prendre en compte.
La plupart des papiers beaux-arts modernes contiennent des additifs, notamment des tampons alcalins, des azurants optiques, des agents de surface. Pensés pour améliorer la conservation ou l’aspect du papier, ils deviennent très souvent souvent problématiques avec les procédés anciens, particulièrement ceux aux sels d'argent, le cyanotype étant tout de même un peu plus tolérant aux interférences chimiques que les autres procédés.
Les papiers fabriqués pour la photographie
Les papiers à privilégier sont ceux fabriqués spécifiquement pour les procédés photographiques. Contrairement aux papiers beaux-arts généralistes, ils sont exempts d’additifs indésirables comme les tampons alcalins ou les azurants optiques, qui perturbent les réactions chimiques. Ils offrent aussi une surface traitée pour absorber la solution de manière régulière et conserver la stabilité du tirage au cours des lavages. Parmi les papiers de grands fabricants les plus accessibles, trois références sont devenues des classiques : l’Arches Platine (160 et 310g/m2), le Bergger COT 320 (existe aussi en 160g/m2) et le Hahnemühle Platinum Rag. Ces trois papiers 100% coton sont exempts d'additifs et supportent bien les longs bains. Le Hahnemuhle est très lisse comparé à l'Arches Platine qui offre un peu plus de texture et une absorbtion nettement plus élevée. Mais il est possible de s'affranchir ce ce choix restreint et de se diriger vers des papiers dotés de tampons alcalins, en leur faisant subir un petit bain de préparation visant à neutraliser ce dernier.
Le tampon alcalin est une réserve de carbonate de calcium (de la craie!) ajoutée lors de la fabrication, destinée à neutraliser l’acidité et à prolonger la conservation du papier. Pour les usages classiques du dessin, de la gravure ou de l’impression, c’est une qualité recherchée : le papier jaunit moins vite et résiste mieux au temps. Mais pour les procédés photographiques anciens, cette alcalinité interfère directement avec la chimie. Dans un cyanotype par exemple, elle peut ternir les bleus ou réduire le contraste.
Il est néanmoins possible d’utiliser certains de ces papiers après les avoir préparés au préalable. Un bain d’acide léger permet de neutraliser ou au moins de réduire l’action du tampon alcalin. Je le fais régulièrement lorsque je veux travailler avec un papier qui m’attire pour sa texture, mais qui se révèle récalcitrant face aux solutions photosensibles.
La méthode est assez simple :
Préparer une solution d’acide citrique à 2 % (20 g pour 1 litre d’eau). On peut aussi utiliser de l’acide oxalique, plus efficace mais plus irritant à manipuler.
Immerger les feuilles dans cette solution pendant environ 5 minutes.
Rincer soigneusement à l’eau claire (avec un dernier rinçage à l'eau déminéralisée idéalement) afin d’éliminer toute trace d’acide.
Faire sécher les feuilles à plat, idéalement sous presse, pour limiter le gondolage.
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